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INTRODUCTION
Le prix de la sécurité
Les hommes deviennent moins attachés
aux droits particuliers, au moment où
il serait le plus nécessaire de retenir
et de défendre le peu qui en reste.
Alexis
de Tocqueville
De la démocratie en Amérique - 1835
11/9. Jamais deux
chiffres n’ont eu pareille signification. Le 11 septembre 2001,
quatre avions de lignes sont détournés par 19 pirates de l’air. Deux
s’écrasent sur les tours du World Trade Center à New York et les
détruisent. Le troisième tombe sur le Pentagone, à Washington. Le
quatrième, qui visait la Maison Blanche, s’écrase en Pennsylvanie
grâce à la bravoure des passagers. Bilan : 2986 morts. L’événement
laisse la planète entière stupéfaite. Les terroristes d’Al-Quaida
ont osé s’attaquer aux Etats-Unis, en visant les symboles même de sa
puissance : le commerce et la finance, l’armée et la présidence.
Soudain, le pays qui domine le monde se révèle vulnérable sur son
propre sol, jusqu’alors inviolé. De cet acte inimaginable, les
conséquences sont considérables. On a pas fini, aujourd’hui, de
mesurer leur étendue et leur profondeur. Il y a la guerre, bien sûr,
en Afghanistan et en Irak, la division en Europe, le durcissement en
Israël, la suspicion sur l’Islam. Mais au-delà de ces contrecoups
très apparents qui continuent d’ébranler le monde six ans après
l’onde de choc du 11/9, date dont on ne mentionne plus l’année, une
mutation plus discrète, plus insidieuse, plus psychologique aussi,
est à l’œuvre. La côte de la sécurité, telle une valeur boursière,
s’est envolée. Elle ne semble plus avoir de prix. Pas même celui de
la liberté.
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