L'émission quotidienne de
documentaires "Sur les Docks" sur France Culture diffuse une
série sur le thème de 2050. Lundi 31 décembre 2007, l'émission
est consacrée à "La Société de surveillance en 2050". Un documentaire de Michel Alberganti et Nathalie Battus
Une journée d'étude organisée par le
Centre
de Coordination pour la Recherche
et l'Enseignement en
Informatique et
Société (Creis) Avec Philippe Lemoine, Michel Alberganti, Gildas Avoine et
Laeticia Schweitzer.
Selon un sondage Ipsos Orange
réalisé en France, Grande-Bretagne, Espagne, Suède et Pologne, médecins
et patients de cinq pays européens approuvent massivement
l'utilisation des technologies de
l'information (TIC) dans la
santé. Au total, 86% du "grand public" interrogé et de 88% des
médecins considèrent qu'i s'agirait d'un "progrès important".
Les TIC seraient selon eux particulièrement importantes "en cas
d'alerte
sanitaire" (86% du grand public et 88% des médecins) ou pour
"maintenir les
personnes âgées à domicile" (83% et 72%) et "gérer à distance
les maladies
chroniques" (82% et 78%).
En particulier, 85% du grand public et des médecins se disent
"plutôt" ou
"très favorables" au dossier personnel médical (DMP), outil
informatique destiné
à améliorer la coordination des soins.
En France, où le projet est en panne, les patients y sont
favorables à 84%,
soit au-dessus de la moyenne, mais les médecins à "seulement"
74%, derrière les
médecins suédois (93%), espagnols (92%), britanniques (86%) et
polonais (81%).
Pour 92% du grand public et 91% des médecins, le DMP permettrait
de
"disposer d'informations importantes en cas d'urgence", ou de
"mieux coordonner
les intervenants médicaux" (90% et 89%), loin devant "une
diminution des
dépenses de santé" (71% et 66%).
Source: AFP
14 septembre
2007
GS1 en faveur de la désactivation
Contrairement à certains avocats de
la RFID, comme le RFID Journal ou Filrfid, qui se cantonnent
dans une promotion de cette technologie sans la moindre trace de
réflexion sur ses dangers éventuels, l'organisation GS1 a fait
preuve, lors de son université d'été, qui s'est tenue les 31
août et 1er septembre 2007 à Nantes, d'une
remarquable ouverture d'esprit. En charge de la normalisation
des protocoles de communication utilisés dans la logistique,
comme EPC Global, GS1 a été jusqu'à préconiser la désactivation
des puces RFID aux caisses des supermarchés qu'elles ne vont pas
manquer d'atteindre bientôt. Une telle mesure, citée par
Philippe Lemoine, co-président de GS1 France, président de LASER
et membre de la CNIL, dans son discours de clôture, révèle une
véritable prise de conscience de la nécessité d'assurer une
protection active des consommateurs. Dans le climat d'opacité
dans lequel ont été introduites massivement, jusqu'à présent,
les puces RFID (passeport biométrique, passe Navigo), cette
volonté d'éviter une crise de confiance à venir fait la preuve
de la maturité de GS1. Les leçons des OGM ou de la crise de la
vache folle ont, semble-t-il, été profitables. On voit mal
comment les puces RFID pourraient être intégrées aux produits de
grande consommation sans une large information du public auquel
il est indispensable de laisser la possibilité de protéger sa
vie privée. La désactivation systématique des puces lors du
passage aux caisses apparaît comme une condition absolument
nécessaire, même si elle n'est pas suffisante, Il reste à
intégrer cette mesure dans la norme et à la faire accepter par
l'ensemble des industriels de la grande distribution. A
suivre...
"Aller et venir librement,
anonymement, est l’une des libertés fondamentales dans nos
démocraties", rappelle la CNIL dans un
article publié sur son site le
5 août 2007. Pourtant, pour la RATP, cette liberté fondamentale
à un prix: 5 euros. C'est le tarif du nouveau passe Navigo
disponible depuis le 1er septembre dans la région parisienne et
baptisé: "Découverte". Ce dernier se distingue de son homologue
Navigo tout court, gratuit mais non anonyme, c'est à dire qu'à
chaque entrée dans le métro, les données nominatives associées
au lieu et à l'heure du passage sont enregistrées et conservées
48 heures, une durée limitée grâce aux pressions de la CNIL.
Mais celle-ci n'aura pas réussi à éviter que l'anonymat ne soit
payant. D'après la RATP, l'enregistrement du numéro du passe
associé au nom de l'abonné est destiné à la lutte contre la
fraude. Or, le numéro seul suffit pour détecter un usage
frauduleux de passes dupliqués. Pourquoi, dans ces conditions,
permettre l'anonymat avec le Navigo Découverte? Il s'agit en
fait de préserver une solution anonyme assurée, jusqu'à présent,
le ticket magnétique de la Carte Orange. En supprimant cette
dernière, la RATP crée donc le Navigo Découverte anonyme. Mais
le fait payer... On note que la CNIL ne fait pas état de cette
contrainte.
L'hypocrisie de l'invocation de la
lutte contre la fraude masque le véritable objectif de
l'enregistrement des noms des abonnés: la possibilité offerte
aux autorités de pister un suspect grâce à ses déplacements dans
le réseau du métro et des bus d''Ile de France. A moins qu'il ne
dispose de 5 euros pour se munir du passe Découverte. Ce qu'il
ne saurait manquer de faire. Grâce au passe nominatif, les
autorités pourront donc pister tous ceux qui n'ont rien à se
reprocher. Un progrès considérable...
L'affaire risque de faire du bruit.
Après une enquête, l'agence de presse Associated Press (AP),
publie une dépêche révélant que des études datant des années
1990 montrent que des implants dans des animaux de laboratoire,
comme des souris des rats, ont entrainé le développement de
tumeurs cancéreuses. AP cite Keith Johnson, un toxicologue à la
retraite, qui indique avoir réalisé en 1996 une étude chez Dow
Chemical. "Les transpondeurs ont provoqué la tumeur",
déclare-t-il. L'agence a soumis cette étude à des cancérologues
reconnus qui se sont déclarés troublés par les résultats obtenus
sur les animaux, même s'ils indiquent qu'ils ne s'appliquent pas
forcément à l'homme. Certains ont indiqué qu'ils ne
permettraient pas à des membres de leur famille de recevoir des
implants et tous ont réclamé d'urgence des études
complémentaires avant que que les puces radio ne soient
implantés à grande échelle sur des hommes.
Actuellement, environ 2000 puces
RFID sont déjà implantées sur des êtres humains dans le monde
entier, selon VeriChip, l'entreprise qui dispose d'un monopole
de fait sur cette technologie et qui vise un marché de 45
millions d'Américains pour sa puce de suivi médical. Pour elle,
comme pour sa filiale Applied Digital Solutions, les puces RFID
ne présentent aucun danger. Son PDG, Scott Silverman, déclare ne
pas connaître l'existence d'études révélant des tumeurs
cancéreuses sur des animaux de laboratoire. Il a précisé que des
millions de d'animaux domestiques ont été implantés sans
qu'aucun problème significatif n'aient été signalés.
Ce constat n'est pas partagé par
Katherine Albrecht et Liz McInthyre, les vaillantes opposantes aux puces RFID. Elles
indiquent, sur le site Antichip.com, être à l'origine de
l'enquête d'AP. Elles auraient communiqué à l'agence de
presse des informations sur les études toxicologiques
découvertes après avoir été
alertées par Jeanne, la propriétaire de Léon,
un bouledogue français victime d'une tumeur due à une puce implantée.
Selon elles, les études qu'elles ont consultées montreraient que
1 à 10% des souris et des rats sur lesquels des puces ont été
implantées ont souffert de cancers mortels.
L'enquête d'AP l'a conduit à mettre
en cause Tommy Thompson qui dirigeait le ministère de la santé
américain (department of health and humain services) à l'époque
où, en 2004, la Food and Drug administration (FDA) a donné
son autorisation à l'implantation des puces de VeriChip sur des
êtres humains. La FDA dépend du ministère de la santé. Or, AP
remarque que "deux semaines après la date à laquelle
l'autorisation de la FDA a pris effet, le 10 janvier 2005, Tommy
Thompson a quitté son poste et, au bout de 5 mois, a rejoint le
conseil d'administration de VeriChip et d'Applied Digital
Solutions". Selon AP, Il a alors reçu du liquide et des
actions.
Une interview sur CBS, reprise par le site
Spychip.com, confirme l'engagement de Tommy Thomson
vis à vis de l'utilisation sur l'homme des puces Verichip à des
fins de suivi médical. Il semble néanmoins qu'il n'a pas été
jusqu'à implanter
une puce sur lui même. Candidat
à l'investiture du parti Républicain pour l'élection
présidentielle américaine de 2008, Tommy Thomson s'est retiré le
12 août 2007.
Il a déclaré à l'AP n'avoir eu aucune relation avec VeriChip à
l'époque où l'entreprise a demandé l'autorisation d'utilisation
de sa puce sur l'homme à la FDA. "Je ne connaissais même pas
l'existence de VeriChip avant de quitter le ministère de la
santé", a-t-il précisé.