Le gouvernement veut tripler le
nombre de caméras de surveillance installées en France et
estimées à 300 000 aujourd'hui. Surtout, Michèle Alliot-Marie,
ministre de l'Intérieur, a fait part, le 26 juillet de son
souhait de disposer, à l'automne prochain, "d'un dispositif
harmonisé et complet"."Des crédits très importants" vont
être consacrés à "l'interconnexion" des différents
systèmes, a-t-elle précisé.
La ministre a souhaité une
"meilleure mise en réseau [avec] tous ceux" qui
utilisent déjà cette technologie, citant notamment "les
collectivités, la RATP, la SNCF, les grands magasins". Par
ailleurs, elle a précisé qu'il n'était "pas question que la
police ait accès aux données" des installations privées. Or
les magasins sont, semble-t-il, des domaines privés...
L'inspecteur général Philippe
Melchior doit remettre ses propositions en ce sens fin septembre
au gouvernement. La police "pourra utiliser par exemple plus
facilement les caméras qui sont à l'intérieur d'une gare, qui
sont dans le métro", a expliqué Michèle Alliot-Marie. Mais
le gouvernement veut améliorer la qualité des images. "Pour
être efficace, il faut que l'on puisse reconnaître les
personnes", a relevé la ministre. La facture pourrait
donc atteindre "plusieurs centaines de millions d'euros au
total".
Dominique Bussereau, le secrétaire
d'Etat aux Transports, a indiqué qu'avec les autoroutes aux
péages virtuels, sans barrières, "il faudra lire les plaques
d'immatriculation. Donc on pourra peut-être combiner la
vidéosurveillance à l'exploitation des autoroutes du futur".
"Il ne s'agit pas de faire Big
Brother", a-t-il assuré. Interrogés sur les risques pour les
libertés individuelles, le secrétaire d'Etat et la ministre se
sont contentés de renvoyer les journalistes à la loi du 23
janvier 2006. Or, dans un avis rendu avant l'adoption définitive
du texte, la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des
libertés) avait demandé des garanties. En février 2006, elle
estimait n'avoir été que partiellement entendue. Elle regrettait
notamment que n'ait pas été prise en compte sa réserve sur la
"prise systématique de photographie des occupants des véhicules
empruntant certains axes de circulation". Une soixantaine de
sénateurs socialistes avaient saisi le Conseil constitutionnel
sur cette mesure. Mais les Sages avaient jugé cette disposition
conforme à la Constitution.
Reportage de NBC sur les caméras
parlantes installées en Angleterre en 2006. Source:
YouTube
Des caméras installées à un coin de
rue à Londres.
20
juillet
2007
La Radio Suisse Romande
s'inquiète aussi
Emission "Forums" du 20 juillet 2007
de 18h00 à 19h00 sur le thème:
Nouvelles
menaces pour la vie privée ?
La multiplication des technologies
de surveillance va-t-elle bouleverser notre vie quotidienne? A
l'avenir, chaque produit manufacturé sera équipé d'une puce
RFID. Ces dernières communiqueront par radio avec des
ordinateurs qui pourront analyser les déplacements de la
clientèle. Ainsi, la police disposera d'un moyen supplémentaire
de surveillance de la population. Débat avec Michel
Alberganti, journaliste scientifique, auteur de «Sous l'oil
des puces, la RFID et la démocratie», Paul-Henri Steinauer,
professeur de droit à l'Université de Fribourg, ancien
vice-président de la Commission fédérale pour la protection des
données, et Luzi Stamm, conseiller national UDC argovien,
membre de la Commission des affaires juridiques.
Vivons nous déjà dans le monde de
Big Brother? Les caméras vidéos, le passeport électronique, la
carte vitale, la localisation GPS, la biométrie... ces
technologies vous regardent!
Invités :
- Alex Türk, président de la Cnil
(Commission nationale de l'informatique et des libertés)
- Christophe Soullez, Directeur de
l'Observatoire national de la délinquance.
- Michel Alberganti, Journaliste
auteur de "Sous l'œil des puces" aux Editions Actes Sud.
- Jean-Marc Manac, Journaliste au
Monde, spécialiste de la surveillance électronique.
Ecouter la totalité de l'émission:
Ecouter la partie sur les puces RFID:
par Thierry Steiner
du lundi au vendredi de 19h20 à 20h
14
juillet
2007
Les parcours pistés du Velib'
Le 15 juillet 2007, 750 stations et
14000 vélos seront accessibles à Paris en libre service. Trois
modes de paiement sont prévus. Soit par carte bancaire, soit
avec la carte Velib', soit avec le passe Navigo. La première
demi-heure d'utilisation est gratuite dans le cadre d'un
abonnement annuel de 29 euros. Grâce à la CNIL, la Somupi,
filiale de JCDecaux qui gère le système Velib' pour la mairie de
Paris a réduit ses velléités sur l'utilisation des données
personnelles collectées lors de l'abonnement (nom, prénom,
adresse, numéro de téléphone). L'entreprise comptait conserver
le suivi (lieu date et heure de l'emprunt et de la restitution)
de tous les déplacements pendant 24 mois, la durée pendant
laquelle elle garde en mémoire les informations d'abonnement. La
CNIL a obtenu qu'aucune données personnelles ne soient
conservées pour les trajets gratuits inférieurs à 30 minutes et
que les données enregistrées pour les trajets plus longs,
facturés en sus de l'abonnement, ne soient conservées que 5
jours, le délai nécessaire pour régler les éventuelles
contestations de utilisateurs.
Ainsi, les déplacements des cyclistes du Velib' de moins de 30
minutes resteront anonymes. Mais les autorités pourront avoir
accès au détail de leur parcours pendant 5 jours s'ils dépassent
cette durée d'utilisation.